n mars 2026, les indicateurs de l'hôtellerie française affichent une accélération nette malgré un contexte géopolitique tendu, marqué par le déclenchement du conflit Iran-Israël et la flambée des cours du pétrole en fin de mois. Côté hébergeurs, les taux d'occupation (+1,7 point à 61,9%), prix moyens (+1,4%) et RevPAR (+4,3% à 72,2 € HT) signent des hausses soutenues, un rythme supérieur aux deux mois précédents (+3,2% en février, +2,7% en janvier). Ces résultats reflètent toutefois des réservations largement antérieures au choc pétrolier. Sur deux ans, le RevPAR reste marginalement négatif (-0,8% vs 2024), un écart imputable à l'effet calendaire de Pâques (31 mars en 2024 contre 5 avril en 2026).
La France fait mieux que la moyenne européenne (+4,3% de RevPAR contre +3,0% pour l'Europe). Paris intra-muros confirme son pricing power avec un prix moyen en hausse de +3,0% à 200,7 € HT, compensant un léger recul de l'occupation (-0,9 pt). L'Île-de-France hors Paris poursuit son rattrapage spectaculaire (+9,9%), portée par les zones de Roissy-CDG (+18,0%) et Disneyland Paris (+17,4%, dopé par l'ouverture du land « Reine des Neiges »). En Province, PACA domine (+9,9%), tirée par Nice (+10,9%), Cannes (+11,4% — MIPIM) et Marseille (+11,3% en fort rebond). Par segment, la croissance est largement répartie : milieu de gamme (+4,9%), haut de gamme & luxe (+4,4%), budget (+3,6%) et économique (+3,4%).
Sur le premier trimestre cumulé, le RevPAR France s'établit à 66,0 € HT (+3,5% vs N-1, +3,8% vs 2024). Les bons KPIs de mars ne doivent cependant pas masquer l'inflexion en cours : les réservations enregistrées depuis le déclenchement du conflit ont nettement ralenti pour le deuxième trimestre. L'impact réel sur l'activité sera différé et dépendra de l'évolution des prix du pétrole et de ses répercussions sur l'économie, l'état des réservations appelle à une vigilance renforcée.
