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'Alliance France Tourisme dresse les premières tendances de l'été 2026 dans les hôtels, résidences de tourisme et villages vacances. La saison se recompose sous trois forces : la chaleur historique déplace la demande vers les côtes de la Manche et la montagne, les arbitrages de pouvoir d'achat reportent une partie des départs vers juin et septembre, et le haut de gamme, porté par les clientèles internationales, continue de tirer les prix. Après un excellent début de saison et une première quinzaine d'août attentiste, les réservations annoncent une fin de saison bien orientée et, au global, un bilan de juin à septembre positif pour cet été.

Découvrez l'analyse région par région sur la carte interactive de l'été 2026.

Un début de saison exceptionnel, porté par Paris et l'événementiel

En juin, près de huit chambres sur dix sont occupées dans l'hôtellerie française (79,1 %, +1,3 point vs. 2025), pour un revenu par chambre disponible (RevPAR) en hausse de 3,7 %. Juillet confirme (+0,9 point d'occupation, +3,3 % de RevPAR), alors même que juillet 2026, avec 24,9 °C de température moyenne, est le mois le plus chaud jamais mesuré en France.

Paris confirme son rôle de locomotive : neuf chambres sur dix occupées en juin (90 %), puis 84,6 % en juillet (+1,5 point), avec l'appui de l'Esports World Cup : l'hôtellerie parisienne a dépassé 85 % d'occupation dès la semaine d'ouverture de la compétition, et le 15e arrondissement, qui l'accueille, gagne 4,3 points d'occupation et plus de 10 % de RevPAR en juillet.

Une première quinzaine d'août attentiste, entre géopolitique, prix et incendies

Le coeur de saison marque une pause : du 1er au 17 août, près de trois chambres sur quatre restent occupées (72,5 %, −0,7 point vs. 2025), pour un RevPAR en retrait de 1,5 %. Déclaré le 22 juillet et maîtrisé au début du mois d'août, l'incendie de Gironde (environ 42 000 hectares) a surtout pesé sur les séjours d'août, par le jeu des annulations : après un mois de juillet préservé, le département perd 10 points d'occupation, quand les territoires voisins se maintiennent.

La traditionnelle vague de réservations de dernière minute ne s'est pas pleinement concrétisée, entre le regain de tensions autour de l'Iran depuis le début du mois de juillet, qui a renforcé l'attentisme des clientèles du Golfe, et des prix de coeur de saison historiquement élevés. Le phénomène s'observe à l'échelle nationale, toutes gammes et toutes zones confondues ; les niveaux demeurent élevés en valeur absolue, et une partie de la demande se reporte sur la fin août et septembre.

Performances par zone, juin-juillet vs. 2025

Bretagne, Alpes du Nord, Côte d'Azur : les autres moteurs de l'été

L'un des enseignements majeurs de la saison est l'élargissement de la carte touristique française. La Bretagne s'établit comme la grande alternative estivale : +1,6 point d'occupation en août, RevPAR +6,1 % vs. 2025 et +19 % vs. 2024, une dynamique qui dépasse son seul littoral, occupé à plus de 90 % au coeur de l'été. Les Alpes du Nord confortent leur statut de destination bi-saisonnière (RevPAR +22 % vs. 2025 en juin).

La Côte d'Azur demeure la valeur sûre et la vitrine internationale de la destination France : la Méditerranée orientale affiche en juin un RevPAR en hausse de 12 % vs. 2025 et de 30 % vs. 2024, et dépasse 90 % d'occupation en plein été. Sur l'ensemble du territoire, le haut de gamme et le luxe continuent de tirer l'activité (+4,4 % de RevPAR en juin, +5,1 % en juillet), sans écraser les autres segments, tous en progression.

Juin - juillet : taux d'occupation vs. 2025

Le littoral de la Manche, plus forte progression de l'été

Juin - Juillet : RevPAR littoraux et montagne

Dans un mois de juillet marqué par une chaleur historique, le littoral de la Manche, du Havre à la Côte d'Opale, affiche la plus forte progression de tous les littoraux français : +4,5 points d'occupation sur un an et près de 10 points en deux ans. La hausse s'accélère à partir de la mi-juillet, bénéficie particulièrement aux destinations accessibles et tempérées, et se prolonge en août au-delà de 90 % d'occupation ; elle irrigue l'arrière-pays, la Normandie entière gagnant 2,6 points sur le mois. Cette chronologie suggère un report d'une partie de la demande, sous l'effet combiné des conditions climatiques, des arbitrages budgétaires et de la recherche de séjours de proximité. Le mouvement s'accompagne d'une montée en gamme localisée : Le Touquet accroît son revenu par chambre d'environ un quart sur un an, tandis que Deauville, Cabourg, Trouville-sur-Mer ou Ouistreham performent particulièrement, avec des revenus par chambre en hausse de plus de 10 % vs. 2025 en juillet.

Des réservations qui annoncent une fin de saison dynamique

Les prises de réservation, en avance par rapport à l'année dernière à la même date, confirment le report de la demande sur les ailes de saison, portées par les clientèles libres de leur calendrier, qui partent en juin ou en septembre pour retrouver du pouvoir d'achat. La seconde quinzaine d'août s'inscrit au-dessus de l'an passé (+2 à +5 points de taux d'occupation selon les jours) ; septembre se présente au niveau de 2025 ou légèrement au-dessus, et l'avance atteint 2 à 6 points sur la dernière semaine du mois, avant même l'essentiel des réservations. Malgré le trou d'air de la première quinzaine d'août, la saison juin-septembre s'oriente ainsi vers un résultat positif, du niveau des deux excellents étés précédents.

L'Europe du Sud consolide son statut de destination refuge

Dans un contexte géopolitique instable, les clientèles internationales privilégient l'Europe, au premier bénéfice de son flanc sud. L'Espagne dépasse 82 % d'occupation en juin comme en juillet et entame août en nette progression (+3,2 points), confirmant que l'écart de compétitivité se creuse chaque année entre les deux leaders européens ; l'Allemagne renoue avec la croissance (+7,2 % de RevPAR en juin) ; l'Italie marque le pas. La France demeure, avec l'Espagne, l'un des deux principaux moteurs du tourisme européen.

En conclusion, l'été 2026 confirme deux mouvements de fond, l'étalement de la fréquentation sur les ailes de saison et l'élargissement de la carte des destinations : la France n'a jamais eu autant de moteurs touristiques en même temps. L'Alliance France Tourisme invite les acteurs du secteur et les pouvoirs publics à accompagner ce double mouvement.

Les faits saillants de l'été 2026

  • Metz attend le pape. La visite de Léon XIV le 28 septembre remplit déjà les hôtels : plus de huit chambres sur dix sont réservées pour la nuit de sa venue, à six semaines de l'échéance.
  • L'Esports World Cup s'installe à Paris. Relocalisée de Riyad, la compétition réunit du 6 juillet au 23 août plus de 2 000 joueurs de 100 pays Porte de Versailles. L'effet est net à son échelle : le 15e arrondissement, qui l'accueille, gagne 4,3 points d'occupation et plus de 10 % de RevPAR en juillet.
  • Le Grand Prix de Monaco change de mois. Disputé le 7 juin, et non plus fin mai, il a déplacé son pic hôtelier sur le mois de juin : entre Menton et Monaco, les prix ont progressé de près de deux tiers sur un an, à occupation stable.
  • Dunkerque affiche complet. Plus de neuf chambres sur dix occupées du 1er au 17 août, en progression de plus de 8 points sur un an : le littoral Nord s'installe parmi les destinations estivales.

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Posté le
19.8.2026