• Alliance France Tourisme

Edito - Anne Pruvot, VP Alliance France Tourisme & DG SNCF Connect & Tech



Après une année 2021 de montagnes russes marquée par des ouvertures / fermetures de frontières, confinements / déconfinements, couvre-feu, restrictions de circulation, un été avec un retour à la quasi normale, nous entamions ce début d’année 2022 avec une perspective de retour aux niveaux pré-Covid-19, voire de croissance qui était tant attendue depuis mars 2020.


La très forte envie des Français de voyager est une réalité et vient compléter les aspirations à retrouver leurs proches et leurs amis.


Nous avons ainsi retrouvé les clients dans nos trains notamment pour les acheminer vers les stations d’hiver lors des vacances d’Hiver 2022 avec des chiffres de ventes supérieurs à 2020. Dans nos dix premières destinations, quatre permettaient d’atteindre les stations de montagne : Annecy, Grenoble, Chambéry ou Bourg Saint-Maurice et affichaient une forte croissance (+20 points environ).


Ouvertes le 9 mars dernier, les ventes de billets pour les vacances d’été (jusqu’à fin août) ont confirmé cette tendance positive et cette forte envie des Français de voyager, et de voyager en France, avec plus de 700 000 billets vendus en une journée notamment pour les ponts du mois de mai mais aussi pour les vacances d’été.


Au-delà de ces chiffres qui montrent à la fois le dynamisme du tourisme en France et du transport ferroviaire, des tendances de fond ont été accélérées par la crise Covid-19 :

  • Le renforcement de la demande de dernière minute (plus de 60% de nos ventes se font dans les 14 derniers jours avant le voyage), ce qui crée à la fois de la tension sur l’offre pour les opérateurs de tourisme et de mobilité, et une variable d’ajustement de dernière minute dans les budgets des Français ;

  • Une attente de flexibilité de la part de nos clients ; pour répondre à celle-ci ainsi qu’à des réservations de plus en plus tardives, SNCF Voyageurs a mis en place une nouvelle gamme tarifaire avec la carte Avantage qui offre un plafonnement des prix même en dernière minute ;

  • La porosité des moments de vie ; le premier exemple est bien sûr le développement du télétravail ; on connaissait le bleisure (business + loisirs), il faut que nous nous habituions au workation, une nouvelle articulation de nos temps de travail et temps libre ((télé)travail et vacances, (télé)travail et week-end) ;

  • Le goût pour les micro-aventures, durées courtes, simple à organiser, hyperlocales, bon marché… renforce l’attractivité de la France et nous permet, acteurs du tourisme et de la mobilité, de mettre l’accent sur la dimension écoresponsable et de renforcer notre attention sur l’essentiel ;

  • Une préoccupation environnementale grandissante, que ce soit pour rejoindre des destinations moins courues par les touristes ou pour emprunter des modes de transports moins émetteur de CO2 ou plus proche d’une aspiration à la slow life ; l’attractivité des offres ferroviaires avec un TGV dont les émissions de CO2 sont 50 fois inférieures à la voiture par passager, le retour des trains de nuit et le développement de nouvelles offres comme Ouigo Train Classique qui signent tous les deux une véritable slow life ferroviaire...

  • Et bien sûr, une digitalisation des pratiques toujours plus prégnante, favorisant la réduction des contacts au sens propre du terme, la simplification des accès aux différentes offres…

Les tensions internationales, particulièrement la guerre en Ukraine, le maintien des frontières fermées en Asie, doivent nous inciter à capitaliser fortement sur les transformations positives issues des périodes paroxystiques de la pandémie de COVID-19. En effet, en nous privant encore du retour d’une partie des touristes internationaux, en renchérissant le coût de la vie à travers le prix de l’énergie ou de certaines matières premières (comme les matières premières agricoles) et en recréant un environnement incertain, l’incertitude va demeurer la règle pour les mois à venir, mais va également renforcer l’intérêt de bien explorer le marché des touristes français.


Aussi nous devons, ensemble, les acteurs du secteur du tourisme mieux coopérer et offrir davantage de partenariats pour répondre aux attentes de nos clients et investir ainsi l’ensemble des opportunités. Chacun d’entre nous, seul, n’a qu’une partie des réponses ; ensemble en tant que membre d’un seul et même écosystème, nous avons l’opportunité de formuler une réponse unique, innovante et différenciante aux besoins de « partir » et de « s’évader » des Français.


Anne Pruvot